Après les attentats: solidarité, dignité, humanisme

Après les attentats: solidarité, dignité, humanisme

Après les attentats de la semaine dernière, une profonde tristesse, une révolte même et un sentiment total d’impuissance m’ont envahie  face à ces évènements où chacun d’entre nous a été blessé directement ou indirectement. Je n’ai pas pu écrire ces quelques lignes plus tôt et j’ai encore des difficultés à exprimer ce que je ressens entre peur, colère et douleur. Je me permets donc d’écrire ce petit billet en reprenant quelques belles phrases et des réactions entendues ici et là par des hommes / femmes politiques, des dirigeants d’entreprise, des journalistes, des écrivains ou d’autres personnes célèbres mais je reprends aussi quelques phrases exprimées par des gens sans notoriété , comme vous et moi. Aussi, j’espère que personne ne m’en voudra de les citer sans leur avoir, préalablement, demandé une autorisation.
«La France incarne tout ce que les fanatiques religieux haïssent: la jouissance de la vie ici, sur Terre, d’une multitude de manières: une tasse de café qui sent bon, accompagnée d’un croissant, un matin ; de belles femmes en robes courtes souriant librement dans la rue ; l’odeur du pain chaud ; une bouteille de vin partagée avec des amis, quelques gouttes de parfum, des enfants jouant au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en Dieu, de ne pas s’inquiéter des calories, de flirter et de fumer, et de faire l’amour hors mariage, de prendre des vacances, de lire n’importe quel livre, d’aller à l’école gratuitement, de jouer, de rire, de débattre, de se moquer des prélats comme des hommes et des femmes politiques, de remettre les angoisses à plus tard: après la mort. Aucun pays ne profite aussi bien de la vie sur Terre que la France. Paris, on t’aime. Nous pleurons pour toi. Tu es en deuil ce soir et nous le sommes avec toi. Nous savons que tu riras à nouveau et chanteras à nouveau, que tu feras l’amour, et que tu guériras, parce qu’aimer la vie fait partie de ce que tu es. Les forces du mal vont reculer. Elles vont perdre. Elle perdent toujours». Ce message a été posté par un internaute américain et relayé par le New York Times le lendemain des attentats et largement relayé sur les réseaux sociaux.   
« Quelle que soit la personne que tu rencontres, sache qu’elle a déjà plusieurs fois traversé l’enfer, » écrit Christian Bobin (écrivain et poète français). C’est bien un enfer qu’ont vécu nos frères et sœurs parisiens, ceux qui ont perdu la vie, ceux qui ont été grièvement blessés, leurs proches et tous ceux qui ont été bouleversés par la tragédie qui a frappé un pays en paix depuis plus d’un demi-siècle. Comment ne pas perdre courage ? Comment réagir avec justesse devant un tel déferlement de barbarie ? Se résigner à une situation inacceptable ? Faire preuve de fortitude ? La résignation mène au découragement et à la passivité. La résilience, elle, engendre la force d’âme indispensable pour faire face à l’adversité avec sagesse et compassion. Quant à la peur, nous devons la surmonter par la solidarité. » Il s’agit du début d’un article rédigé par Matthieu Ricard sur son blog, 4 jours après les attentats.
Lors d’une séance exceptionnelle de l’association des maires de France qui devait se tenir « en grande pompe » et où finalement tous « étaient dans leurs petits souliers », François Baroin prononce ses quelques phrases lors de son discours d’introduction. « Nous devons aux morts du 13 novembre, à ceux qui luttent encore pour la vie, à ceux blessés dans leur chair mais aussi à toute cette génération qui se construit dans cette épreuve, une détermination sans faille à lutter jusqu’au bout contre ceux qui propagent une idéologie de destruction de notre société et de nos valeurs. »
Les mots de Danielle, une ancienne avocate de 77 ans ,  interviewée devant le Bataclan alors qu’elle vient y déposer des fleurs pour rendre hommage aux victimes. En quelques heures, elle est devenue un symbole de tolérance et d’humanisme grâce à ces quelques mots : « Nous fraterniserons avec les cinq millions de musulmans qui exercent leur religion librement et gentiment et nous nous battrons contre les 10 000 barbares qui tuent, soi-disant au nom d’Allah ».
« Vous n’aurez pas ma haine« , c’est la réponse du journaliste Antoine Leiris aux terroristes qui ont volé la vie de son épouse, Hélène, ce soir du 13 novembre au Bataclan, privant son fils de 17 mois, Melvil, de sa mère à jamais. « Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.  Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.  Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès. Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus. »
Angel et Brandon , le père et le fils qui ont ému le monde entier. Ils ont été interviewés par le petit journal  alors qu’ils se recueillaient place de la République, après les attentats. Simples et spontanés, ils ont répondu aux questions d’un journaliste. Angel, père d’origine Vietnamienne arrivé en France à l’âge de 3 ans, était venu, place de la République, avec son fils mettre des fleurs en l’honneur des victimes et essayer de lui expliquer un évènement incompréhensible pour un enfant. Lorsque son fils lui dit « ils ont des pistolets, ils peuvent nous tirer dessus parce qu’ils sont très méchants », il  a eu cette jolie phrase « ce n’est pas grave, eux ils ont des pistolets et nous, on a des fleurs ». 
De Washington à Moscou, des Nations unies à l’Otan, dans toute l’Europe, les responsables ont condamné le carnage, et ont assuré la France de leur compassion, de leur solidarité et de leur soutien. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dénoncé selon son porte-parole des « attaques terroristes méprisables » et dit « se tenir au côté du gouvernement et du peuple français ». Le président Obama a été informé des attaques de vendredi soir à Paris : Les attentats qui ont frappé la capitale française  « ne sont pas seulement une attaque contre Paris », mais « une attaque contre toute l’humanité et nos valeurs universelles », a-t-il déclaré. « Le terrorisme ne vaincra jamais la démocratie », a affirmé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lui aussi « profondément choqué ». Jean-Luc Mélenchon, député européen : « Le coeur saigne avec celui de malheureux exposés à l’hyper-violence de cette nuit. À cette heure, toute querelle s’interrompt. Je forme le voeu que nul ne s’abandonne à la vindicte et conserve sa capacité de discernement. Je forme le voeu que nos responsables gouvernementaux aient tous les moyens d’agir comme ils le souhaitent. Et que nous soyons tous capables de résister à la haine et à la peur que les assassins veulent incruster en nous. »
Le site de l’armée de terre a connu un record d’affluence depuis les attentats : Un regain de patriotisme.
 
Nous devons aussi saluer la mobilisation extraordinaire de l’ensemble des agents des services et entreprises publics. Les policiers, les médecins, les psychologues, les pompiers, les infirmier-ère-s, les agents des services de la justice, de l’éducation nationale..., qui montrent en chaque circonstance leur engagement.

Voilà ce que je voulais dire… c’est peu, c’est très peu mais je n’étais moi même pas capable de trouver les mots alors j’ai préféré reprendre ceux des autres, ces paroles qui mont touchées et qui peuvent donner un sens à notre stupéfaction douloureuse.
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