Bilan d’orientation : qu’en pensent les jeunes ?

bilan d'orientation : un enjeu majeur

Bilan d’orientation : qu’en pensent les jeunes ?

Bilan d’orientation : ce sont les jeunes les premiers concernés et qui se confrontent à la dure réalité de l’orientation dans un monde professionnel où le job que l’on exerce a toute son importance , c’est la raison pour laquelle nous nous sommes demandés ce qu’ils pensaient du bilan d’orientation jeunes. Nous avons interrogé une petite trentaine de jeunes entre 15 et 25 ans sur la base d’un questionnaire bien précis .

Les parents, le pilier de la réflexion dans un bilan d’orientation

Le premier point à souligner est que ces jeunes perçoivent leur orientation comme un véritable parcours, souvent avec de multiples  « rebondissements » , des « crises » et parfois le sentiment d’un « trop tard ». Lors de ce parcours, la présence, fondamentale auprès d’eux est celle de leurs parents. Ce sont eux qui font figure d’accompagnants et cet accompagnement ne semble pas se faire sur un mode autoritaire, mais plutôt sur un mode favorisant l’échange de points de vue, l’aide à la réflexion.  Beaucoup souhaitent de ne pas être trop interventionnistes  et essaient simplement d’être présents et ouverts à la discussion pour l’orientation de leurs jeunes.    

L’éducation nationale ne semble pas jouer le rôle attendu par les jeunes pour l’aide à l’orientation.

Parallèlement, selon les jeunes, l’Éducation nationale ne joue pas vraiment le rôle attendu pour l’aide à l’orientation, sauf à quelques exceptions près et dans certaines filières. Le collège comme le lycée sont perçus comme « des évaluateurs de capacité  » en fonction des notes obtenues. Les conseillers d’orientation psychologues jouent un rôle certain, mais là encore la perception des jeunes est mitigée car ils ne disposent pas du temps nécessaire pour approfondir la connaissance des élèves et se cantonnent parfois aux résultats scolaires. Le ressenti est particulièrement négatif pour les jeunes au « parcours chaotique ou éclectique ». Certains discours dénotent un fort sentiment de solitude et une vraie colère de la part des parents de jeunes au « parcours chaotique » car ils expriment avoir été seuls face à une orientation qui ne coulait pas de source. Pour les jeunes qui ont un parcours plus « souples », ils souhaitent simplement que les professeurs sortent de leur seul rôle d’évaluateur et qu’ils donnent des conseils. Mais ils sont conscients que leur mission principale est d’enseigner, de terminer un programme et non d’accompagner à l’orientation scolaire et professionnelle (malheureusement).

La perception des conseillers d’orientation 

Les étudiants expriment une opinion mitigée envers les conseillers d’orientation, certainement pénalisés par la mauvaise image de l’Education nationale sur ce sujet anxiogène pour les parents et de plus en plus complexe dans une société « mutante ». Les jeunes ont donc souvent des préjugés à leur égard. Certains n’en ont jamais vu, d’autres brièvement et sans plus d’informations concrètes.  Au delà du manque de connaissances sur toutes les filières, les jeunes expriment être frustrés par les schémas qui semblent bien ancrés : « un ES fera une Ecole de Commerce et un S une école d’Ingénieurs. Quand vous êtes en tête de classe, vous pouvez envisager une prépa… » Ils sont perçus comme « ne regardant que les notes et l’avis du conseil de classe, sans être à l’écoute des goûts, des rêves, de la personnalité des jeunes, sans prendre en compte leur potentiel ». Il serait injuste de tirer des conclusions hâtives, surtout dans un contexte, où le ratio des conseillers d’orientation est de 1 pour 1000 jeunes ! Dans ces conditions, comment aller dans le détail et prendre le temps de connaitre chaque élève !

Le Bilan d’orientation

Les différentes formes de bilan d’orientation et les organismes qui vous proposent cette prestation sont multiples et disparates en terme de savoir-faire. Du système informatique qui, en fonction de vos réponses, conclut que vous avez le profil idéal pour devenir  » Astronaute » au site féminin « cucul la praline » (excusez moi l’expression!) qui met en avant vos fortes capacités relationnelles parce que vous avez coché la case » j’adore sortir avec mes amis en soirée » en passant par les sites qui proposent des tests payants à partir de 39€ pour savoir quel métier est fait pour chacun , les jeunes disposent d’un choix pléthorique ! Mais, au final, cela ne les rassure pas plus car sans échanges et sans discussions pour les aider à se poser les bonnes questions, ils demeurent sceptiques et éprouvent le besoin de rencontrer un professionnel qui saura les écouter et les aider en toute bienveillance. Un bilan d’orientation doit être mené sérieusement.

Un Bilan d’Orientation, c’est quoi ?

Pas de révélation, votre enfant n’en ressortira pas en disant, je serai « Directeur Financier… » : ce n’est pas l’objectif. Il s’agit plutôt de l’aider à bâtir un projet en fonction de ses aspirations personnelles, de sa personnalité en prenant en compte ses facilités scolaires. Pas question de bâtir un projet sans lien avec la réalité : il ne s’agit pas de proposer à un élève attiré par  la chirurgie de faire médecine  s’il est très moyen en Chimie et en SVT et déteste les maths.
  • Comment cela se passe ?

Pas de boule de cristal, mais un savant mélange de questionnaires, d’entretiens, de rencontres avec des professionnels, de mise à disposition de documentation, de salons etc… Le bilan d’orientation se fait en plusieurs étapes, dans l’idéal, car il s’agit d’un projet à construire où  le jeune doit avoir le temps de mûrir sa réflexion. Parfois, il peut être proposé un accompagnement postérieur au bilan pour effectuer des démarches concrètes d’inscription par exemple.
  • Les différents organismes qui réalisent des bilans

Trois types d’organismes proposent un bilan d’orientation : les organismes publics (CIO), dont le principal avantage est la gratuité mais dont les interlocuteurs sont souvent débordés, les associations qui ont une vocation d’accompagnement plus particulèrement sur des élèves en grande difficulté et enfin les centres privés . Les structures privées qui proposent ce type de prestations diffèrent considérablement dans leur approche. Certains capitalisent sur l’approche psychologique et d’autres sur une approche plus scolaire. De mon point de vue, il est judicieux de choisir une démarche globale moins orientée psy et plus orientée vers le futur. Pour bien choisir, rencontrer les organismes et demandez concrètement sur quoi repose leur approche et quels sont les « livrables ».

  • Les attentes pour une aide à l’orientation des jeunes et de leurs parents

Les parents et les ados souhaitent un véritable accompagnement dans la réflexion avec la délivrance d’’information de manière neutre, sans préjuger de la capacité des élèves à réussir dans telle ou telle filière, et sans hiérarchiser les filières (présenter les débouchés des filières, tant en termes de poursuite d’études, et d’accès au monde du travail ). En outre, le contact avec le monde professionnel semble primordial car les jeunes ont de vraies difficultés à se projeter dans le monde professionnel dont ils connaissent peu de choses si ce n’est à travers l’expérience parentale.. Quand l’orientation ne va pas de soi, un accompagnement individuel permettra à l’élève de découvrir sa personnalité, d’apprendre à réfléchir en  prenant conscience des préjugés et des influences extérieures et de se projeter afin de s’imaginer dans un avenir qui lui ressemble. Savoir choisir devient donc un acte que le jeune devra effectuer de plus en plus souvent. Sur le plan de la psychologie individuelle, l’incertitude est d’abord source d’inquiétude, de peur ou d’anxiété. Mais elle signifie aussi que l’horizon est plus ouvert, qu’il existe des possibilités de seconde chance, de refaire sa vie, de disposer d’une certaine marge de liberté pour reconstruire son existence. Elle signifie aussi que les conduites de chacun sont moins encadrées dans des moules sociaux. D’où l’importance de la réflexion. Nous sommes convaincus qu’une orientation préparée et suivie dans le temps donne un sens aux apprentissages et par la même encourage les élèves à s’investir dans leur travail scolaire. C’est en valorisant les capacités propres à chacun et en lui donnant la possibilité d’explorer de ce qu’il veut devenir et l’aider à trouver la place qu’il veut tenir dans notre société qui au final fera la différence. Alors n’attendez plus !    
Aucun commentaire.

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.