Orientation post-bac : pourquoi avoir le choix complique le choix et la décision finale
Avoir un excellent dossier scolaire devrait rendre l’orientation post-bac plus facile : en théorie.
De bonnes notes, des appréciations positives, des spécialités cohérentes, des activités extrascolaires : tout semble réuni pour aborder sereinement Parcoursup et les admissions dans l’enseignement supérieur.
Pourtant, l’expérience nous montre régulièrement une réalité plus nuancée : les très bons élèves sont parfois ceux qui rencontrent les plus grandes difficultés au moment de choisir leur orientation.
Non pas parce qu’ils manquent de possibilités mais précisément parce qu’ils en ont beaucoup.
Prépa, Grande École, bachelor, université, double diplôme, études à l’étranger, formations hybrides, alternance… À 17 ou 18 ans, certains jeunes doivent arbitrer entre des voies très différentes, parfois sans avoir encore une vision suffisamment précise de ce qu’ils veulent construire.
C’est le paradoxe de l’orientation : plus le champ des possibles est large, plus choisir peut devenir difficile.
De nombreuses possibilités ne font pas nécessairement un projet
Pendant longtemps, l’orientation a été pensée de manière assez linéaire.
Un bon élève suivait certaines filières considérées comme sélectives et exigeantes, puis poursuivait vers une classe préparatoire, une Grande École ou une université réputée.
Le paysage de l’enseignement supérieur est aujourd’hui beaucoup plus diversifié et beaucoup plus flou. L’avènement de l’IA compliquant la réflexion et la projection vers le futur.
À côté des filières historiques se sont développés de nombreux bachelors, doubles diplômes, cursus internationaux, formations interdisciplinaires, programmes post-bac et parcours en alternance.
C’est une formidable ouverture.
Mais cette diversité crée aussi une nouvelle difficulté : comment comparer des formations qui ne fonctionnent ni selon les mêmes modèles, ni selon les mêmes critères d’admission, ni avec les mêmes objectifs ?
Le jeune et sa famille peuvent rapidement se retrouver devant une accumulation de possibilités.
Et lorsque tout semble possible, une question devient essentielle :
sur quels critères choisir ?
Le piège du prestige
Lorsqu’un adolescent possède un excellent dossier, un raisonnement peut naturellement s’installer : « Avec ses notes, autant viser le plus haut possible. »
L’ambition est évidemment une qualité. Mais il existe une différence importante entre viser haut et choisir une formation uniquement parce qu’elle est très sélective ou prestigieuse.
Une formation reconnue peut être excellente et pourtant ne pas correspondre à un jeune.
À l’inverse, un cursus moins immédiatement identifiable par son entourage peut potentiellement être beaucoup plus cohérent avec son projet, sa manière de travailler ou la spécialisation qu’il envisage.
La bonne question n’est donc pas uniquement :
« Quelle est la meilleure formation qu’il peut obtenir ? »
Mais :
« Quelle est la meilleure formation pour ce jeune, à ce moment de son parcours et au regard de ce qu’il souhaite construire ? »
La nuance est considérable.
Un excellent dossier reste confronté à d’autres excellents dossiers
C’est probablement l’un des points les plus difficiles à appréhender pour les familles : un adolescent peut avoir 16, 17 ou 18 de moyenne, d’excellentes appréciations et un parcours scolaire remarquable. Cela ne signifie pas qu’il sera admis partout.
Pourquoi ? Parce que les formations les plus demandées attirent précisément un grand nombre d’excellents candidats.
Un très bon dossier doit donc être apprécié dans le contexte de la formation visée et de son niveau de sélectivité.
Lorsque les résultats académiques de nombreux candidats sont excellents, la différence peut également se jouer sur la cohérence globale du parcours : spécialités choisies, progression, appréciations, activités, engagements, expériences, projet ou adéquation avec les attendus de la formation.
C’est pourquoi il peut être risqué de construire une liste de candidatures composée exclusivement de formations extrêmement sélectives sous prétexte que le jeune possède un excellent dossier.
Et nous avons de nombreuses histoires de cet ordre et pas plus tard que l’année dernière, une jeune fille aux excellents résultats voulant viser le meilleur mais qui n’a pas pris en considération son lycée d’origine à l’étranger et sa réputation en France.
Ambition et sécurisation du parcours ne sont pas contradictoires.
L’orientation ne commence pas avec Parcoursup
C’est sans doute l’une des idées les plus importantes.
Parcoursup est un moment de l’orientation , ce n’est pas son commencement.
Certains choix effectués en classe de seconde, première ou terminale peuvent influencer les possibilités futures : spécialités, options, activités extrascolaires, stages, expériences internationales, concours, projets personnels…
Il ne s’agit évidemment pas de construire artificiellement le CV d’un adolescent dès l’âge de 15 ans. Il s’agit de lui laisser le temps d’explorer suffisamment tôt ce qui l’intéresse.
Un jeune attiré par les relations internationales peut découvrir cet univers à travers des lectures, des conférences, des associations, des expériences à l’étranger ou des activités liées aux langues.
Un autre, intéressé par l’intelligence artificielle, peut commencer à programmer, suivre une formation, participer à un projet ou simplement approfondir progressivement sa connaissance du domaine.
Une adolescente attirée par le marketing peut chercher à comprendre les métiers, les entreprises, les différents cursus et les compétences qu’ils nécessitent.
Ces expériences ont un double intérêt : elles enrichissent un dossier et surtout elles permettent au jeune de vérifier une chose beaucoup plus importante :
« Est-ce que cela m’intéresse vraiment ? »
Avant de choisir une formation, comprendre son intérêt
Face à la multiplication des cursus, commencer immédiatement par chercher des écoles est parfois prendre le problème à l’envers.
Il faut d’abord revenir aux questions de base :
- Qu’aime-t-il/elle apprendre ?
- Préfère-t-il/elle un enseignement très académique ou davantage de projets ?
- A-t-il/elle besoin d’un cadre très structuré ?
- Est-il/elle autonome ?
- Souhaite-t-il/elle partir à l’étranger ?
- A-t-il/elle déjà une idée professionnelle ou veut-il conserver une formation généraliste ?
- Est-il/elle attiré.e par la compétition ou préférera-t-il un environnement plus collaboratif ?
- Quelle place souhaite-t-il/elle donner aux stages et à l’expérience professionnelle ?
Ces questions permettent progressivement de transformer une liste de formations en véritable projet d’orientation post-bac.
Construire plusieurs chemins vers un même objectif
Une stratégie d’orientation solide ne repose pas nécessairement sur un seul scénario.
Prenons un jeune attiré par le monde de l’entreprise.
La classe préparatoire suivie d’une Grande École peut être une possibilité, mais ce n’est pas la seule. Selon son profil, son niveau et ses envies, il pourra également envisager un bachelor, une formation universitaire, un cursus international ou d’autres voies permettant ensuite une spécialisation.
Il en va de même pour de nombreux projets.
Il existe souvent plusieurs chemins pour atteindre une destination.
Identifier ces chemins suffisamment tôt permet de construire des choix ambitieux tout en évitant de faire dépendre tout un projet d’avenir de quelques admissions très sélectives.
Viser haut sans transformer l’orientation en pari
Il ne s’agit surtout pas de conseiller aux très bons élèves de réduire leurs ambitions. Bien au contraire.
Un adolescent qui possède les capacités, le travail et l’envie nécessaires doit pouvoir envisager des formations exigeantes. Mais viser haut ne signifie pas viser uniquement haut.
Une stratégie d’orientation peut intégrer des cursus très ambitieux, d’autres correspondant pleinement au niveau du jeune et des solutions offrant davantage de sécurité.
Cette diversité ne traduit pas un manque de confiance.
Elle traduit une compréhension réaliste du fonctionnement des admissions.
Et elle permet surtout au jeune de rester acteur de son orientation lorsque les réponses arrivent.
La question essentielle : pourquoi cette formation ?
Il existe finalement un test très simple.
Demandez à un adolescent :
« Pourquoi veux-tu intégrer cette formation ? »
S’il répond uniquement :
- « Parce qu’elle est très bien classée. »
- « Parce que c’est prestigieux. »
- « Parce qu’avec mes notes, je peux tenter. »
- « Parce que mes amis la demandent. »
- « Parce que c’est à côté de chez moi. »
… la réflexion mérite probablement d’être approfondie.
En revanche, lorsqu’il commence à pouvoir expliquer ce qu’il recherche, ce qu’il veut apprendre, ce qu’une formation lui apportera et pourquoi elle correspond à son projet, quelque chose a changé.
Il n’est plus simplement en train de sélectionner une école : Il commence à construire son parcours.
L’orientation des très bons élèves mérite elle aussi d’être anticipée
On pense parfois que l’accompagnement à l’orientation est surtout nécessaire lorsqu’un adolescent rencontre des difficultés scolaires ou ne sait absolument pas quoi faire.
C’est oublier une autre réalité : avoir beaucoup de possibilités est aussi une difficulté.
Choisir implique de renoncer. Arbitrer entre plusieurs excellentes formations nécessite de comprendre ce que chacune peut apporter. Et construire une stratégie ambitieuse nécessite d’anticiper les conséquences de certains choix bien avant les réponses de Parcoursup.
Le rôle des parents n’est pas de décider à la place du jeune. Il est de l’aider à poser les bonnes questions, à regarder au-delà du prestige d’un nom et à ne pas confondre possibilités académiques et projet personnel.
Car au fond, l’enjeu de l’orientation n’est pas d’ouvrir toutes les portes.
C’est de savoir lesquelles valent la peine d’être ouvertes.
L’approche Bestfutur
Chez Bestfutur, nous partons d’une conviction simple : chaque jeune possède un profil, des ambitions et une trajectoire qui lui sont propres.
L’objectif n’est donc pas de rechercher systématiquement la formation la plus sélective, ni de réduire les ambitions par prudence.
Il est d’explorer suffisamment tôt les possibilités, de confronter l’ambition à la réalité des admissions et de construire plusieurs chemins cohérents.
Voir grand, viser haut, ouvrir le champ des possibles — sans jamais perdre le sens des réalités.
